Idée reçue n°2 : « Un psychanalyste ne dit jamais rien, il vous laisse parler »
L'image est tenace : un divan, un silence, une figure immobile qui ne répond jamais aux questions. Cette image vient d'une certaine tradition de la psychanalyse, mais elle ne correspond pas à toutes les pratiques, ni à la mienne.
Ce que dit l'idée reçue
Que le psychanalyste se contente d'écouter, sans jamais intervenir, laissant la personne parler dans le vide jusqu'à ce qu'elle trouve seule ses réponses. Une posture de retrait presque totale, qui peut décourager avant même d'essayer : à quoi bon parler si personne ne répond ?
Ce qu'il en est réellement
Dans ma pratique, je n'ai pas cette posture silencieuse. J'interviens, je questionne, je propose des liens entre ce qui est dit à des moments différents. Une séance n'est pas un monologue face à un mur : c'est un échange à double sens, où mon rôle est aussi de faire entendre ce qui n'a pas encore été formulé clairement.
Ce qui distingue la P.A.R. : le principe de mitoyenneté
La psychanalyse P.A.R. repose sur ce que Jacques Rivalin a nommé la mitoyenneté. Trois idées la composent.
D'abord, une co-construction : le sens ne se trouve ni chez l'analyste seul, ni chez l'analysant seul, mais dans une zone intermédiaire entre les deux, où il se construit ensemble, séance après séance.
Ensuite, un analysant actif : la personne qui consulte n'est pas un simple récepteur qui attend une interprétation, mais l'actrice de sa propre cure, engagée dans le travail au même titre que l'analyste.
Enfin, une neutralité engagée : je n'impose aucune directive, mais je n'observe pas non plus en retrait. J'élabore activement, avec vous, ce qui se joue dans la séance.
Pourquoi le silence seul ne suffit pas
Parler ne suffit pas toujours à faire bouger quelque chose. On peut raconter la même histoire pendant des années sans qu'elle change de sens, si personne ne vient interroger la façon dont elle est racontée. C'est là qu'intervient un tiers actif : en posant une question, en soulignant une répétition, en reliant deux moments qui semblaient sans rapport, il aide à faire émerger un sens qui n'était pas accessible seul.
Mais mettre des mots sur ce qui agit ne suffit pas non plus si l'affect reste tenu à distance, raconté sans être vraiment ressenti. Un récit peut être parfaitement clair, presque récité, sans que rien ne bouge : c'est le signe que l'affect reste logé dans le corps plutôt que traversé. Une intervention utile ne cherche pas seulement à faire parler davantage : elle cherche à rapprocher la parole de ce qui se ressent réellement, dans le corps autant que dans les mots, pour que le scénario perde sa force automatique.
Ce que cela change concrètement
Une cure qui reste dans le seul récit, sans être questionnée ni vraiment ressentie, peut s'étirer longtemps sans faire évoluer grand-chose. Une cure active, où le silence n'est pas la règle par défaut, avance plus vite parce que chaque séance vise un objectif clair, pas seulement l'écoulement du temps.
Vous imaginiez une psychanalyse silencieuse, et cette idée vous a peut-être déjà retenu de consulter ? Un premier échange, offert et sans engagement, permet de voir concrètement comment se déroule une séance.